Maisons de retraite médicalisées : la fin de l'âge d'or ?
XERFI-PRECEPTA vient de publier une étude approfondie, après plusieurs mois d'enquêtes, sous le titre :
« Maisons de retraite médicalisées. Nouvelle configuration du secteur : les opérateurs face au tournant de la réforme des appels à projet ».
Auteur de l'étude : Emmanuel Sève
Voici les principaux enseignements de cette analyse de 400 pages :
Mise en route des agences régionales de santé (ARS), réforme des appels à projet, réforme du financement de la dépendance... la reconfiguration du secteur des maisons de retraite médicalisées est en marche.
La volonté politique d'encourager une progression quantitative du parc d'établissements apparaît aujourd'hui plus fragile qu'après la canicule de 2003.
Certes, une très forte augmentation du nombre de personnes âgées dépendantes est attendue dans les décennies à venir.
Mais les modalités de prise en charge (promotion du maintien à domicile, baisse drastique des durées de séjours en EHPAD (1), etc.) doivent aussi être prises en considération.
En revanche, la montée en puissance d'objectifs qualitatifs (médicalisation, ...) est, elle, toujours d'actualité.
A ceux-ci viennent également se greffer de nouveaux objectifs politiques et sociaux : meilleure adéquation (géographique, sociale) de l'offre à la demande, réponse aux attentes des personnes âgées et de leur entourage, coordination des parcours et des offres médico-sociales et sanitaires, etc.
(1) Etablissements d'hébergement de personnes âgées dépendantes
La croissance externe, principal moteur du secteur
Aujourd'hui, les opérateurs se développent encore (et très rapidement !) grâce aux projets précédemment engagés.
Ainsi, entre début 2011 et fin 2012, environ 20 000 nouvelles places, déjà autorisées et financées, auront effectivement été installées dans le secteur privé commercial (compte tenu des délais de construction), selon les calculs des experts de Xerfi-Precepta.
Mais dès 2013, les réservoirs de croissance seront largement asséchés.
La croissance externe sera donc le moteur essentiel du développement du secteur.
Elle va nécessairement s'accélérer compte tenu de « l'obligation de croissance » des principaux leaders.
Une obligation qui s'inscrit dans une logique concurrentielle de course à la taille, mais aussi parce qu'ils se sont structurés pour croître et, enfin, pour satisfaire les marchés et les investisseurs.
Axes de transformation de l'environnement de la création de places en Ehpad
voir le tableau ci-contre
L'impératif de la taille critique
En marge de ces quatre leaders, l'impératif d'atteindre une taille critique apparaît de plus en plus fort pour les petites structures.
C'est l'une des conclusions de l'analyse financière menée par les experts de Xerfi-Precepta sur quatre échantillons de sociétés de gestion d'EHPAD
pérennes, segmentés par taille d'entreprise.
La comparaison des performances d'exploitation illustre parfaitement cet effet taille, avec un résultat d'exploitation qui représentait 6,4% du chiffre d'affaires en 2009 pour les plus petites structures et 10% pour les plus grandes.
Evolution du parc de lits de maisons de retraite en France des principaux leaders
unité : variation du nombre de lits entre 2007 et 2010
voir tableau ci-contre
Plus globalement, quatre catégories d'opérateurs, a priori les plus fragilisées, sont amenées à s'interroger de manière pressante sur leur positionnement et/ou, dans une logique patrimoniale, sur leur participation au processus de consolidation qui va s'accélérer :
Comment s'y retrouver dans les différents types d'établissement d'accueil pour personnes âgées ?
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