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Quid du marché de la téléconsultation?

Selon la dernière étude du XERFI, la téléconsultation, désormais une brique logicielle de santé parmi d’autres

Publié le 31 mai 2022

Xerfi vient de publier une étude sous le titre :

« Les nouveaux horizons de la téléconsultation et du télésoin - Quelles opportunités et perspectives d'ici 2024 face à la refonte du cadre réglementaire et aux mutations de la demande ? »

Le marché des outils et solutions de téléconsultation devrait peser environ 100 millions d'euros en 2022 dont quelque 35 millions pour les équipements mobiles de téléconsultation, selon les experts de Xerfi Precepta. Après un pic d'usage exceptionnel lié à la crise sanitaire, le recours à la téléconsultation est retombé. Alors que 18,4 millions d'actes de téléconsultation avaient été remboursés en 2020, les experts de Xerfi Precepta estiment que ceux-ci n'étaient qu'un peu plus de 13 millions en 2021. Et ils pronostiquent une nouvelle baisse (11 millions) en 2022 avec la fin du « tout remboursable ». C'est d'autant plus vrai que le volume d'actes par praticien en télémédecine est désormais plafonné à 20% de leur activité annuelle. Au-delà, les besoins des praticiens évoluent en profondeur. A la recherche d'outils simples et ergonomiques, les médecins souhaitent en effet des fonctionnalités enrichies et interopérables. Dans ce contexte, les stratégies de guichet unique gagnent du terrain chez les opérateurs désireux d'équiper le maximum de professionnels et de structures de soins. Les plateformes de téléconsultation se retrouvent alors en concurrence de plus en plus frontale avec les éditeurs traditionnels (Cegedim, CGM...), faisant au passage de la téléconsultation une brique logicielle de santé parmi d'autres. Ce déplacement de la compétition sur le terrain des logiciels de gestion est par ailleurs également impulsé par la puissance publique à travers les subventions débloquées dans le cadre su Ségur de la santé (100 millions d'euros) pour aider les éditeurs à adapter leurs logiciels de gestion de cabinets (LGC) aux objectifs d'interopérabilité.

Cette logique de guichet unique s'accompagne d'une course à l'innovation et pousse à une accélération de la consolidation du secteur. A titre d'exemple, l'entrée au capital de Cegedim d'un pool de géants de l'assurance (Vyv, Malakoff Humanis et ProBTP) - opération annoncée en mars 2022 - a pour objectif la mise au point des services innovants permettant d'améliorer l'accès aux soins des patients et de fluidifier leur parcours de soins. Celle-ci débouchera également sur l'intégration de MesDocteurs (filiale de Vyv) par Cegedim.

Dans cette course aux fonctionnalités et à l'innovation, il sera toutefois compliqué de suivre Doctolib. Le leader européen de la prise de rendez-vous médicaux s'est lui aussi diversifié. Après avoir lancé son LGC en 2020 et une messagerie sécurisée de santé en 2022, il veut mettre en place de nouveaux services pour les professionnels de santé. Surtout, Doctolib - qui prévoit 700 nouveaux recrutements cette année - continue de creuser l'écart en matière de puissance de frappe commerciale.

Des solutions plutôt que des fonctionnalités ?

Pour éviter une confrontation frontale avec Doctolib, la meilleure option reste de se placer sur le terrain des solutions de santé, de l'avis des experts de Xerfi Precepta. Cela suppose une démarche plus élaborée de réorganisation des chaînes et des parcours de soins. Quatre grandes voies peuvent alors être explorées. Les modèles de permanence des soins proposent ainsi d'accéder à des téléconsultations immédiates à la demande. La fin du tout remboursable devrait apporter un nouveau souffle aux services de téléconsultation pris en charge par des assureurs, entreprises, collectivités locales, grandes écoles ou autres partenaires. Ces offres plus modulaires peuvent en outre être facilement implantées sous forme d'API par des plateformes partenaires.

Les solutions thématiques avec des prestations de prévention et de suivi sont des modèles de niche adoptés par des plateformes de conciergerie médicale (Concilio, AvisMedic), des plateformes de téléconseil spécialisée (Nabla dans la santé féminine par exemple) ou encore des plateformes d'accompagnement des entreprises en matière de gestion RH (Eutelmed). Les plateformes généralistes (comme Qare) s'orientent elles aussi dans cette voie.

Les solutions intégrées autour d'équipements connectés (comme les cabines et bornes de télémédecine) ont pour leur part été adoptées par une poignée d'opérateurs seulement (H4D, Tessan Medadom...) en raison des coûts élevés d'implantation et de fonctionnement. Quant aux solutions coordonnées autour de délégations de tâches, elles sont plutôt le fait de certaines disciplines médicales comme par exemple la téléophtalmologie où émerge une multitude de nouvelles offres pour structurer et industrialiser les collaborations professionnelles entre ophtalmologistes et orthoptistes, à l'image de point Vision.

Un paysage concurrentiel protéiforme

Le secteur des prestations et équipements de téléconsultation est animé par des grands groupes dotés d'une assise capitalistique conséquente, à commencer par les éditeurs de logiciels et d'applicatifs pour cabinets médicaux (Cegedim, Doctolib, CGM...) ou pour structures de soins (Pharmagest, Interactive, Maincare Solutions...). La téléconsultation est alors une brique supplémentaire de leur offre. Malgré son succès, Doctolib n'est pas dénué de fragilités, comme un risque d'image lié à une position quasi hégémonique. La plateforme est aussi potentiellement menacée par le nouveau rôle imparti à Mon Espace Santé (qui comportera un agenda médical) et aux nouvelles ambitions de Google dans la prise de rendez-vous médicaux en ligne.

La France compte en outre une soixantaine de start-up spécialisées, réparties équitablement entre plateformes grand public généralistes, plateformes thématiques et fournisseurs d'équipements de téléconsultation. Pour la plupart fondées par des entrepreneurs et des médecins, ces sociétés ont quelques années d'existence au plus. Et elles sont à la recherche de fonds auprès d'investisseurs ou de grands groupes pour soutenir leur développement.

Les modèles d'affaires des acteurs oscillent entre BtoB, BtoC et BtoBtoC. La tentation est forte de facturer les professionnels de santé qui bénéficient de subventions annuelles à l'équipement de la part de l'assurance maladie. Reste à savoir si une telle stratégie est tenable dans l'optique de rassembler et de fidéliser durablement un vaste réseau de médecins téléconsultants, surtout face à la concurrence écrasante de Doctolib. La capacité à gérer avec pertinence des transitions de business models sans affaiblir sa marque est un facteur clé de réussite pour des modèles à géométrie variable au fil du temps. Pour passer le cap de l'industrialisation et du déploiement commercial de leurs solutions, les opérateurs doivent être en mesure de faire évoluer leur modèle mais aussi savoir tirer parti des transformations de l'environnement réglementaire touchant à leurs marchés ainsi que des marchés connexes interdépendants.

Auteur de l'étude : Emmanuel Sève


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