Quand le smartphone équipé d'une intelligence artificielle joue les "dermatologues virtuels" ... sans les remplacer !

Las Start up ANAPIX propose une solution pour les déserts médicaux et pour faciliter les détections de cancers de la peau, avant orientation vers un dermatologue

Publié le 07 septembre 2018

Deux ans de travaux de recherche menés par plusieurs dermatologues de renom, d'une dizaine de professionnels dans le Var, et financés par l'Agence Nationale de Recherche, ont permis de développer une solution d'imagerie de la peau à destination des dermatologues et des professionnels de santé. Cette innovation a été pensée par Bernard Fertil, ancien Directeur au CNRS qui s'intéresse aux lésions de la peau depuis 15 ans et bien conscient du manque d'outils pratiques dans la profession et de la difficulté du diagnostic du mélanome.

Jusqu'à aujourd'hui, pour savoir si un grain de beauté (ou naevus) était bénin ou dangereux, les dermatologues n'avaient pas d'autres moyens que de se fier à l'observation de caractéristiques telles que le contour, la texture, la couleur... un examen pratiqué souvent à l'aide d'une loupe avec éclairage annulaire (dermoscope). Le diagnostic du mélanome est difficile. Compte tenu des risques - la survie d patient pour lequel un mélanome est détecté tardivement étant en jeu -, le professionnel de santé préfère l'enlever au moindre doute. Ainsi, dans 95% des cas, cet acte s'avère inutile, la lésion opérée ne présentant finalement pas de signe de malignité. Des coûts importants (actes de chirurgie, analyses des laboratoires...) pourraient être évités par une aide au diagnostic pertinente.

L'Intelligence Artificielle en imagerie médicale : un domaine d'application efficace

La start up ANAPIX medical a développé l'application SkinApp pour smartphone. Elle permet au professionnel de santé d'acquérir, pendant sa consultation, des photographies de lésions qui, par l'intermédiaire d'un serveur santé sécurisé distant, sont directement observables sur l'écran de son ordinateur. Il peut alors analyser les naevus à l'aide d'un moteur d'intelligence artificielle DIAMELA capable de déterminer s'il est face à un mélanome ou un naevus bénin. Il détecte les points de concordance entre les milliers d'images intégrées à son système et la photo prise. Véritable outil de décision assisté par ordinateur, l'algorithme DIAMELA, 3ème au concours mondial ISBI 2016, aide les professionnels de santé à mieux diagnostiquer les mélanomes. Grâce à ce 2ème avis, de nombreuses exérèses inutiles pourront ainsi être évitées.

« Nous faisons évoluer l'application SkinApp depuis plus de 2 ans. Elle est maintenant au point et adaptée aux besoins des dermatologues. Son classifieur permet d'avoir un avis d'expertise basé sur la confrontation avec des centaines de lésions référencées. Dans les cas douteux, cela aide à la prise de décision d'exérèse. Un chat permet également de proposer à un confrère connecté des cas à diagnostiquer en ligne. C'est un outil précieux et indispensable à notre pratique au quotidien » déclare le Docteur Nelly Isnardon, dermatologue à la Seyne sur Mer (VAR), ayant participé aux travaux de recherche.


Le classifieur de naevus DIAMELA : particulièrement performant sur les images atypiques, difficiles à interpréter

La sensibilité (capacité à trouver tous les mélanomes) et la spécificité (capacité à trouver uniquement des mélanomes) des dermatologues ont été calculés sur un ensemble de photographies de lésions mélanocytaires extraites d’une collection de plus de 7000 examens cliniques, incluant de nombreux cas de lésions bénignes non excisées. Les 88 cas de mélanome, 360 lésions excisées avec certification de non malignité par étude anatomo-pathologique, ainsi que 649 lésions dites bénignes représentant au mieux la diversité d’aspect des lésions mélanocytaires ont été retenus pour constituer la base de test.  

Pour ces données, la sensibilité moyenne des dermatologues était de 81% (valeurs extrêmes 66-92) pour une spécificité moyenne de 52%. Dans ces conditions, la sensibilité de DIAMELA était de 94%. Au niveau moyen de détection du mélanome pour les dermatologues (sensibilité de 81%), le nombre de faux positifs (opérations inutiles) était 2,4 fois plus élevé que pour DIAMELA.

« Grâce à l’évolution récente des performances des appareils de photographie numérique grand public, notamment les fonctionnalités photographiques embarquées sur les smartphones, de la disponibilité d’objectifs dermoscopiques de coût réduit, et enfin, de l’apparition de méthodes statistiques d’analyse d’images puissantes fondées sur le « machine learning », nous avons réussi à construire un outil d’aide au diagnostic des mélanomes pratique, performant et à un coût raisonnable » indique Bernard Fertil, co-fondateur d’ANAPIX medical. « L’imagerie médicale optique s’inscrit dans l’évolution de la médecine et va devenir très présente, en devenant un outil incontournable pour le professionnel. Il s’agit bien de complémentarité et d’aide à la décision ».

La détection précoce du mélanome : un enjeu de santé publique

Le mélanome représente 1700 décès par an en France. Lorsqu’il est détecté de façon précoce, la survie à 5 ans est de 95%, contre 15% lorsque la détection est tardive. Le traitement du mélanome avancé représente un coût de 7 000 €/mois.



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