Interview de Mme Alexandrine SAINT-CAST, Psychomotricienne

Directrice de l’Association pour la Recherche et le Développement Psychomoteur Fédération Française des Psychomotriciens

Publié le 13 avril 2013
Interview de Mme Alexandrine SAINT-CAST, Psychomotricienne

ZOOM sur Le métier de psychomotricien(ne)

Capgeris

Vous êtes psychomotricienne de formation. En quoi consiste votre métier ?

Alexandrine SAINT-CAST

C’est une profession de santé, la plus jeune des professions paramédicales française.
Le psychomotricien agit par l’activité corporelle pour rétablir les fonctions physiques, mentales et affectives.
Il aide le patient à trouver ou retrouver un équilibre, à mieux prendre conscience de son corps et de son organisation dans l’espace et le temps, à le maîtriser, à en faire l’instrument de son expression pour agir, s’adapter, apprendre et communiquer avec efficacité et satisfaction.

Capgeris

Quels peuvent-être les secteurs et domaines d’intervention possibles pour un(e) psychomotricien(ne) ?

Alexandrine SAINT-CAST

Toujours sur prescription médicale, le psychomotricien intervient à tous les âges de la vie, pour toute personne qui se retrouve, de manière passagère ou à long terme, fragilisée ou en difficulté d’adaptation.

Ainsi, si la profession est souvent mieux connue pour ses interventions auprès d’enfants, afin de favoriser leur développement et donc leurs capacités d’apprentissage, on peut faire appel à la psychomotricité à chaque fois que l’équilibre psychocorporel est déstabilisé ou fragilisé.
Il est donc difficile de lister de manière exhaustive tous les patients des psychomotriciens.

On peut cependant évoquer les accompagnements pour les personnes en situation de handicap physique, sensoriel ou psychique, les malades en postcure suite à un cancer ou un AVC….. les personnes âgées dont celles souffrant de la maladie d’Alzheimer et leur entourage, les actifs stressés par un quotidien trop intense...

Mais aussi la prévention, notamment avec les très jeunes enfants prématurés.

Capgeris

Quelles sont les conditions et les modalités d’admission en formation de psychomotricien(ne) : niveau d’étude requis, organismes de formation habilités… ?

Alexandrine SAINT-CAST

Le diplôme d’Etat de psychomotricien se prépare en trois années d’études intensives qui allient formation théorique, clinique, personnelle et stages.
Une voie en alternance est maintenant également possible à l’ISRP.

On accède à ces études après un concours sélectif, qui demande généralement une année de préparation après le bac.

Il y a actuellement 11 instituts de formation répartis dans toute la France .

Capgeris

Quels sont le niveau du diplôme obtenu à l’issue de la formation, les possibilités éventuelles de spécialisation et/ou de perfectionnement ainsi que les perspectives de débouchés ?

Alexandrine SAINT-CAST

Les débouchés sont immédiats. Cette profession connait le plein-emploi !
La majorité des psychomotriciens exerce dans des équipes médico-sociales et hospitalières, dans toutes les structures s’adressant à l’enfance, adolescence, aux adultes et personnes âgées.
Dans ces dernières, comme les EHPAD, les demandes sont très importantes.

Nous exerçons aussi en consultation de ville, en libéral et commençons à entrer comme consultants et préventeurs dans les entreprises marchandes.

Après Le diplôme d’Etat on peut soit aller vers un diplôme de cadre de santé, en lien avec une carrière hospitalière, soit accéder à des programmes de DU – Diplôme Universitaire en psychomotricité du vieillissement par exemple - ou de master dont le Master International en Psychomotricité.

Capgeris

Le marché du travail traverse actuellement une période très incertaine et les jeunes étudiants – ou des adultes en reconversion – s’interrogent sur les études qu’ils peuvent entreprendre et/ou sur leur avenir professionnel. Comment leur présenteriez-vous votre métier afin de les convaincre d’envisager cette profession ?

Alexandrine SAINT-CAST

C’est une profession extrêmement dynamique, faite de rencontres, de contacts humains, en constante évolution.
On peut changer d’environnement de travail, on peut développer des manières d’exercer originales.
Les techniques et médiations à connaître sont très variées et intéressantes.
On travaille toujours en équipe.
C’est aussi un métier d’élaboration, de réflexion, d’aide.

Capgeris

Institut Supérieur de Rééducation Psychomotrice et Fondation pour la Recherche en Psychomotricité et Maladies de civilisation :
Pouvez-vous nous présenter ces deux instances ?

Alexandrine SAINT-CAST

L’ISRP a été fondé par Mme Soubiran, qui est aussi une des grandes pionnières de la psychomotricité.
C’est un établissement d’enseignement supérieur agréé par le Ministère de l’Education Nationale et le Secrétariat d’Etat à la Santé, et sous autorisation du Conseil Régional.
L’ISRP regroupe deux écoles : une à Paris et une à Marseille.

Elle comprend aussi une Unité de Développement Professionnel Continu pour les professionnels médico-sociaux en formation permanente autour des questions relatives aux sciences et techniques du corps.

La psychomotricité s’est développée à partir des années 50 depuis la France. On parle donc d’Ecole Française de Psychomotricité.
L’ISRP est ainsi à l’origine d’un réseau mondial d’instituts de formation, d’universités, de groupements professionnels : l’Organisation Internationale de Psychomotricité et de Relaxation qui est présente dans 17 pays.

La Fondation pour la Recherche en Psychomotricité et Maladie de Civilisation vient d’être créée, sous l’impulsion des équipes de l’ISRP, grâce à l’engagement des fondateurs : GAN Assurance – Axa et Fidufrance.

Elle sera, et c’est une première, entièrement dédiée à la recherche dans cette discipline paramédicale pour valider et asseoir la valeur thérapeutique de la psychomotricité.
Ainsi, cette fondation est dédiée aux études exploratoires portant sur les organisations psychomotrices aux différents âges et leurs implications dans les troubles de l’apprentissage, de l’adaptation et les situations de dépendance, comme à l’évaluation des pratiques portant sur les techniques diagnostiques et d’intervention éducatives, prophylactiques ou de soin.

La Fondation veillera notamment à favoriser des recherches, études et travaux :

  • Dont les problématiques sont posées dans les références de la psychomotricité et des maladies de civilisation ;

  • Dont les méthodologies répondent aux critères scientifiques de la recherche professionnelle, orientée et clinique avec des hauts niveaux de validité théorique et des techniques d’analyse et d’objectivation qualitatives, quantitatives ou mixtes, congruentes avec l’objet d’étude et les problématiques ;

  • Dont les résultats et applications sont opérationnels, pour éviter les décalages entre la recherche et les pratiques ;

  • Dont les équipes sont composées de psychomotriciens enseignants-chercheurs et cliniciens, pour leur permettre de développer leurs parcours d’excellence dans le champ de la psychomotricité et éviter une fuite des cerveaux ;

  • En lien avec l’enseignement et la formation des psychomotriciens, pour favoriser l’amélioration des pratiques cliniques, notamment par la production de connaissances à destination des formateurs.

La Fondation apportera son appui à des recherches inscrites dans ces trois grandes orientations :

  • L’autonomie, en lien avec la prévention et la prise en charge de la dépendance, notamment du sujet âgé souffrant de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées ;

  • Les apprentissages, notamment chez l’enfant ;

  • L’adaptation et la régulation des conduites, notamment au travail.

Elle pourra également apporter son appui à des actions scientifiques transversales visant à favoriser l’application clinique des recherches, telles que :

  • Publications et communications scientifiques nationales et internationales ;

  • Publications et communications de vulgarisation de bonne tenue destinées au grand public ;

  • Contribution à la rédaction et diffusion des plans de santé publique ;

  • Suivi de l’évolution des pratiques des psychomotriciens, notamment par un observatoire de la psychomotricité.

Capgeris

Qu’est-ce qu’une maladie de civilisation ?

Alexandrine SAINT-CAST

Les maladies de civilisation sont toutes ces dysharmonies qui expriment la difficulté de la personne dans sa relation à son contexte de vie.
Le trouble psychomoteur en est une composante particulièrement invalidante qui réduit les capacités d’apprentissage, d’adaptation, d’autonomie et d’indépendance.

Cette conception fournit un cadre pour aborder, avec une intention forte d’y remédier, les grands enjeux démographiques actuels, dont la dépendance et ses projections alarmantes qu’elle soit liée à l’âge, au handicap ou à la maladie.

Capgeris

Quelle est l’origine de ce projet et quels sont les objectifs de cette Fondation ?

Alexandrine SAINT-CAST

La psychomotricité et les perturbations des fonctions psychomotrices, pour être comprises et évaluées, doivent être étudiées dans toutes leurs dimensions.
Un corpus scientifique spécifique et adéquat, une discipline dédiée sont donc nécessaires, en coopération avec les autres acteurs de la recherche en sciences médicales et humaines : laboratoires, sociétés savantes, groupements scientifiques, associations de patients et d’usagers, etc., privés et publics, universitaires, institutionnels, académiques, français et étrangers.

Capgeris

Association pour la Recherche et le Développement Psychomoteur :
Pouvez-vous nous décrire votre parcours professionnel ?

Alexandrine SAINT-CAST

Psychomotricienne DE depuis 1985, en parallèle de mes activités cliniques, en consultation de ville, je suis coordinatrice de l’Unité Européenne de Formation Permanente de l’Institut Supérieur de Rééducation Psychomotrice et de l’Organisation Internationale de Psychomotricité et de Relaxation.

Du côté des publications, je suis rédactrice en chef de la revue Evolutions Psychomotrices (indexée CNRS) et membre du comité de rédaction d’Enfances & Psy. J’ai contribué aux comités scientifiques des principaux congrès de psychomotricité nationaux et internationaux de ces 10 dernières années et publié plusieurs articles dans des revues de santé et pour le grand public.

J’ai aussi siégé à la Commission des Psychomotriciens au Conseil Supérieur des Professions Paramédicales auprès du Ministre de la Santé et je suis actuellement Secrétaire Générale adjointe de la Fédération Française des Psychomotriciens chargée de la communication et des relations internationales.

En 1990, j’ai mené une première recherche sur le stress au bruit pour le Ministère de l'Environnement.
J’ai ensuite soutenu un Master en missions et démarches d’évaluation dont le thème de mémoire portait sur les questions de normes et normalités puis un PhD en éducation, dans un programme franco-québécois de doctorat, qui portait sur les profils psychomoteurs d’enfants à hauts potentiels intellectuels en difficulté d’apprentissage à l’école.

Capgeris

Vous dirigez l’Association pour la Recherche et le Développement Psychomoteur.
Quels sont l’objet et les missions de cette Association ?

Alexandrine SAINT-CAST

Nous réalisons des actions de recherche et proposons des consultations en psychomotricité, graphomotricité et relaxation à des enfants, adolescents et adultes : bilan et prise en charge en individuel.

Nous collaborons aussi avec d’autres associations françaises et internationales.


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