quand l'espérance de vie s'accroît avec le niveau de vie

Pourquoi les plus aisés vivent-ils plus longtemps ?

Publié le 13 février 2018
quand l'espérance de vie s'accroît avec le niveau de vie

Publiée en février 2018, une enquête INSEE révèle que les hommes les plus aisés ont une espérance de vie de 13 ans supérieure aux plus modestes. Chez les femmes, cet écart est de 8 ans. En France, espérance de vie et niveau de vie sont donc étroitement liés.

Une espérance de vie plus élevée, à mesure que les revenus s'accroissent

En France, plus on est aisé, plus l'espérance de vie est élevée. En effet, pour les 5% les plus aisés des hommes, dont la moyenne des revenus est de 5800€ par mois, l'espérance de vie à la naissance atteint 84,4 ans. Alors que pour les plus pauvres, aux revenus de 470€ par mois en moyenne, cette espérance de vie n'est que de 71,7 ans, soit 13 ans de moins. Chez les femmes, cet écart n'est « que » de 8 ans. Les plus aisées ayant une espérance de vie de 88,3 ans en moyenne, contre 80 ans pour les plus pauvres.

L'étude de l'Insee révèle également qu'aux alentours du niveau de vie de 1000€, 100€ de plus par mois sont associés à 0,9 an d'espérance de vie en plus chez l'homme et 0,7 an en plus chez la femme. Par ailleurs, ces différences ne s'expliquent pas par le niveau d'étude. Avec ou sans diplôme, plus on est aisé, plus le niveau de vie augmente.

Pourquoi les plus aisés vivent-ils plus longtemps ?

Le niveau de vie peut être la cause directe d'un état de santé plus ou moins bon, et donc, par conséquence, d'une durée de vie plus ou moins longue. En effet, les difficultés financières peuvent limiter l'accès aux soins. D'après les résultats de l'Enquête Santé et Protection Sociale de 2014, 11% des adultes parmi les 20% les plus modestes disent avoir renoncé à consulter un médecin au cours de 12 derniers mois, contre seulement 1% des adultes parmi les 20% les plus aisés. Par ailleurs, le niveau de vie impacte aussi la santé, de manière indirecte. Car il est lié à différents facteurs associés à une santé plus ou moins bonne, comme la catégorie sociale, le diplôme ou la région de résidence.

Ainsi, les cadres, qui ont un niveau de vie élevé, sont moins soumis que les ouvriers aux risques professionnels comme les accidents, les maladies ou encore, l'exposition à des produits toxiques. De plus, on observe des comportements moins favorables à la santé chez les non-diplômés que chez les diplômés. Par exemple, 39% des 15/64 ans sans diplôme fument contre seulement 21% des diplômés supérieurs.

En outre, un faible niveau de vie peut aussi être la conséquence d'une mauvaise santé, plutôt que la cause. Une santé défaillante peut freiner la poursuite d'études, l'exercice d'un emploi, ou encore, l'accès aux emplois les plus qualifiés.

Enfin, la capacité à surmonter ou éviter les maladies et les accidents pourrait être liée à la capacité qui permet d'atteindre un niveau de rémunération élevé. Par exemple, obtenir un salaire élevé, malgré l'absence de diplôme, pourrait en effet refléter des aptitudes à la fois favorables dans le domaine professionnel et dans celui de la santé.

Source : Etude Insee Première - n°1687 - Février 2018




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